Combattre les infections intestinales contribue à prévenir la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse

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11 Novembre 2021

Une équipe de recherche de l’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) a démontré que des gènes présents dans certaines cellules intestinales protègent contre le développement des maladies inflammatoires de l’intestin (MII). Publiés aujourd’hui dans le journal scientifique Genome Medicine, les résultats de l’étude démontrent que plus d’une douzaine de ces gènes, qui contribuent au développement de la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, aident à lutter contre les infections virales et bactériennes.

Connues sous le nom de maladies inflammatoires de l’intestin, la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse se caractérisent par une inflammation du tube digestif. En effectuant un criblage de 145 gènes associés au risque de MII dans des cellules humaines du système digestif, appelées cellules épithéliales intestinales, l’équipe de recherche a révélé que bon nombre de ces gènes sont importants pour aider les cellules épithéliales à détecter les bactéries ou les virus et à mettre en place la réponse défensive appropriée pour contrôler de telles infections. Ainsi, les chercheurs ont identifié des gènes qui, lorsque perturbés par des variantes génétiques, rendent les individus plus susceptibles de développer l’inflammation chronique de l’intestin, caractéristique des MII.

« La plupart des thérapies médicales actuelles utilisées pour traiter la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse ciblent les fonctions des cellules du système immunitaire. », souligne Dr John D. Rioux, chercheur à l’ICM, professeur titulaire de médecine à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique et médecine génomique de l’inflammation. « Cette étude démontre l’importance de développer des approches thérapeutiques visant à renforcer les fonctions protectrices du système digestif pour le plus grand avantage des patients atteints de maladies inflammatoires intestinales. »

Les maladies inflammatoires de l’intestin

Au Canada, plus de 270 000 personnes souffrent d’une MII et l’on dénombre près de 10 000 nouveaux cas par année, entrainant des coûts économiques annuels de 2,6 milliards de dollars. Les MII sont caractérisées par le fait que leur propre système immunitaire du corps attaque des parties du tube digestif. Les causes exactes de ces maladies restent encore inconnues et il n’existe actuellement aucun traitement pour les vaincre.

Des études génétiques antérieures avaient déjà identifié certaines différences dans le code génétique humain associées au développement des MII, mais aucun gène responsable n’avait été trouvé. « Le défi était de savoir comment utiliser ces informations génétiques pour mieux comprendre les voies biologiques qui mènent aux MII. », a déclaré Jessy Carol Ntunzwenimana, doctorant du laboratoire Rioux et co-auteur principal de l’étude. L’équipe de recherche a donc développé une nouvelle approche afin de déchiffrer quels gènes sont susceptibles d’être impliqués dans les MII et de révéler leurs fonctions biologiques.

« Les résultats de cette étude fournissent une pièce importante du casse-tête pour comprendre comment les interactions du corps avec la flore intestinale peuvent prédisposer une personne à développer une MII. », a déclaré Kate Lee, vice-présidente, recherche et programme patients de Crohn et Colite Canada. « C’est un excellent exemple de la façon dont la recherche génomique peut faire progresser notre compréhension de la santé et de la maladie, avec un impact potentiel sur les patients qui seront traités à l’avenir. », a déclaré Stéphanie Lord-Fontaine, vice-présidente, Affaires scientifiques de Génome Québec.

Les données complètes de l’étude peuvent être consultées au : https://doi.org/10.1186/s13073-021-00996-7

L’étude a été rendue possible grâce au soutien financier de Génome Québec, de Génome Canada, du gouvernement du Canada, du ministère de l’Enseignement supérieur, des Instituts de recherche en santé du Canada (avec des contributions de l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires, de l’Institut de génétique et de l’Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète), de Genome BC et de Crohn et Colite Canada. Ce travail a également été soutenu par une subvention des National Institutes of Diabetes, Digestive and Kidney Diseases, Calcul Québec, Calcul Canada et la Fondation canadienne pour l’innovation.