Examens et traitements

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Ablation par cathéter

Objectifs 

Les tachyarythmies (plus de 100 battements cardiaques par minute) peuvent être traitées par la médication antiarythmique. Parfois, celle-ci s’avère inefficace ou présente des effets secondaires indésirables. C’est pourquoi le traitement par ablation est proposé pour éliminer définitivement la plupart des tachyarythmies.

Le but est de stopper l’arythmie en détruisant les cellules électriques qui en sont responsables et ainsi rétablir un rythme cardiaque normal.

Le médecin peut opter pour la technique d’ablation par radiofréquence (chaleur) ou pour celle de la cryothérapie (froid). Le choix de la technique se fait selon le site et le type d’arythmie. Parfois, les deux techniques sont combinées en fonction des résultats obtenus.

Préparation 

Certains examens peuvent être faits en pré-admission :

  • ECG
  • prises de sang
  • analyse d’urine
  • rayon X pulmonaire
  • test de grossesse chez la femme fertile
  • suivi infirmier
  • suivi médical (explications, risques et bienfaits et signature du consentement)
  • prise des médicaments usuels selon l’ordonnance médicale
  • être à jeun à partir de minuit la veille de l’examen sauf pour la prise des médicaments (suivre les consignes du médecin)
  • rasage au niveau du thorax et des aines (asepsie, meilleure adhérence des électrodes et des pansements)
  • douche avec un savon antiseptique

Recommandations en prévision de la procédure :

 Apporter :

  • carte d’assurance-maladie
  • carte de l’Institut de cardiologie (ICM)
  • liste de médicaments mise à jour obtenue chez le pharmacien
  • médicaments (certains ne sont pas disponibles à l’ICM)
  • des articles de confort : robe de chambre, pantoufles, papiers mouchoirs, livres, etc. Toutefois, ne pas apporter de bijoux, un surplus d’argent, des cartes de crédit ou des objets de valeur.
  • si apnée du sommeil : apporter l’appareil à pression positive (CPAP)

Le jour de la procédure :

  • rester à jeun sauf pour la prise de certains médicaments
  • un soluté intraveineux est installé à l’avant-bras
  • prendre le temps d’aller uriner et de revêtir une jaquette, enlever les sous-vêtements
  • le patient sera conduit à la salle d’EPS en civière ou en chaise roulante
Déroulement 

La procédure se déroule en salle d’électrophysiologie dans un environnement aseptisé :

  • Installation sur la table d’examen en position dorsale.
  • Des électrodes sont placées sur le thorax pour l’ECG externe.
  • Un brassard est installé pour la prise de la pression artérielle.
  • Des attelles sont mises au niveau des bras et des genoux  pour rappeler de ne pas bouger. Ne pas hésiter à signaler tout inconfort au personnel.
  • Une médication peut être administrée pour aider à relaxer.
  • On désinfecte les aines avec un liquide antiseptique puis on recouvre d’un grand champ stérile.
  • Le médecin fait une anesthésie locale au niveau des aines.
  • Par des ponctions veineuses et ou artérielles, il met en place les introducteurs, lesquels lui permettront d’insérer les cathéters. La fluoroscopie (rayons x) guide le médecin pour acheminer les cathéters aux endroits spécifiques.
  • C’est à cet instant que débute la stimulation programmée du cœur et l’enregistrement de son activité électrique. Si une arythmie est déclenchée, le patient peut ressentir les symptômes habituels. Si une arythmie est déclenchée, le médecin peut rétablir le rythme normal rapidement.
  • Lorsque le foyer d’arythmie est repéré, l’électrophysiologiste insère dans l’un des introducteurs au niveau de l’aine le cathéter d’ablation. Sous fluoroscopie, il l’achemine jusqu’au site d’arythmie.
  • À ce moment un courant chaud (radiofréquence) ou froid (cryothérapie) parcourt le cathéter. À noter que plusieurs applications peuvent être nécessaires pour éliminer les cellules électriques responsables de l’arythmie. Pour le confort, une sédation sera administrée.
  • Lorsque la procédure est terminée, les cathéters sont retirés. Le médecin exerce une pression au niveau de l’aine afin d’éviter les saignements. Un pansement compressif est appliqué. 
Suivi et effets secondaires 
  • rester allongé pour environ 4 à 24 heures, selon la prescription médicale, et garder la ou les jambe(s) immobile(s) pour éviter tout saignement ou hématome du ou des sites de ponction
  • un moniteur cardiaque est installé
  • l’infirmière vérifie régulièrement les signes vitaux (tension artérielle, fréquence cardiaque, respiration, température) ainsi que le ou les pansements puis la chaleur et les pulsations au niveau des pieds pour s’assurer qu’il y a une bonne circulation
  • prendre un repas léger peu de temps après le retour
  • chaque pansement est retiré le soir ou le lendemain de la procédure
Coordonnées 
Service d'électrophysiologie (EPS)
Convalescence 

Recommandations lors du départ :

  • Enlever le ou les diachylons le lendemain de la procédure.
  • Prendre une douche plutôt qu’un bain pour les 3 premiers jours.
  • Éviter les efforts et exercices physiques vigoureux durant la première semaine.
  • Retour au travail (ou études) selon l’avis médical (environ une semaine).
  • Conduite d’un véhicule : 2 à 3 jours après la procédure ou selon l’avis médical.
  • Si des saignements apparaissent au niveau des sites de ponction, (aine droite et/ou gauche), s’allonger sur le dos et faire une pression sur le site pendant au moins 10 minutes, jusqu’à l’arrêt du saignement.
  • Faire la pression directement sur le site à l’aide des doigts et d’une compresse ou serviette. Si le saignement est abondant et persiste, se présenter à la salle d’urgence la plus près.
  • Il est normal d’avoir une ecchymose au niveau du site de ponction.  La peau peut être de couleur violacée ou jaune et on peut ressentir une légère sensibilité au toucher. Cependant si la cuisse ou l’aine grossit (œdème) ou devient douloureuse, il faut contacter l’infirmière de la clinique de fibrillation auriculaire. En dehors des heures de clinique, se présenter à la salle d’urgence.
  • En présence de fièvre plus élevée que 38°C, contacter l’infirmière de la clinique de fibrillation auriculaire. En dehors des heures de clinique, se présenter à la salle d’urgence.
  • À la salle d’urgence, il est très IMPORTANT de spécifier que le patient a subi une ablation au niveau des veines pulmonaires, et NE DOIT en aucun cas subir une échographie transœsophagienne ou une gastroscopie et ce, pour les 2 premiers mois suivant l’ablation.
  • Se présenter à l’urgence si un épisode de palpitations persiste plus de 24 heures ou si très incommodé,
  • Poursuivre les médicaments tels que prescrits.
  • Reprendre l’anticoagulant, soit le Coumadin (Warfarin) ou le Pradax (Dabigatran), tel que prescrit avant l’intervention. La prise de l’anticoagulant doit être poursuivie jusqu’à ce que l’électrophysiologiste le décide et ce pour une période d’au moins 3 mois. 
  • Un médicament, Pantoloc (Pantoprazole) est prescrit pour le premier mois suivant l’ablation, pour protéger l’estomac. En présence de brûlures d’estomac, communiquer avec l’infirmière de la clinique de fibrillation auriculaire.
  • La première semaine suivant l’ablation, il est normal de ressentir une douleur légère à modérée au niveau de la poitrine qui peut augmenter à l’inspiration ou en position allongée. Si une douleur sévère apparaît, se présenter à la salle d’urgence.
  • Si douleur, prendre 1 à 2 comprimés d’acétaminophène (Tylénol) aux 4 heures.
  • Consulter si :

             - la douleur progresse au niveau de l’aine et n’est pas soulagée par le tylénol (acétaminophène)

             - un hématome (œdème ou gonflement) ou un saignement apparaît au(x) site(s) de ponction

             - difficultés à la marche

             - essoufflement, douleurs thoraciques, étourdissements ou vertiges

             - température 38ºC (100,4ºF) accompagnée de frissons